Plus-value sur actions : le calcul du prix moyen pondéré d'acquisition

Vous avez acheté la même action en plusieurs fois, à des prix différents, et vous en vendez une partie. Quel prix d'achat faut-il retenir pour calculer la plus-value imposable ? La réponse n'est pas au choix.

Éditeur : WM STUDIOS. Dernière mise à jour : 26 août 2026. Cette fiche décrit un mode de calcul prévu par la loi. Elle ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement.

Le problème : plusieurs achats, une seule vente

Tant que vous achetez une action en une seule fois et que vous la revendez en entier, le calcul est évident : la plus-value est la différence entre ce que vous encaissez et ce que vous avez payé.

Dès que vous renforcez une ligne, l'évidence disparaît. Si vous avez acheté dix titres à 100 €, puis dix autres à 200 €, et que vous en vendez dix, lesquels avez-vous vendus ? Les titres ne portent pas de numéro de série. Il faut donc une convention qui décide, et cette convention change directement le montant imposable.

Deux conventions existent, une seule s'applique en France

La première s'appelle le FIFO, pour first in, first out. On considère que vous vendez d'abord les titres les plus anciens, à leur prix d'achat réel. C'est la convention par défaut aux États-Unis, et c'est celle que retiennent spontanément beaucoup d'outils de suivi conçus hors de France.

La seconde est le prix moyen pondéré d'acquisition. On additionne tout ce que vous avez payé pour cette ligne, on divise par le nombre de titres détenus, et chaque vente utilise cette moyenne, quelle que soit l'ancienneté des titres cédés.

Reprenons l'exemple. Dix titres à 100 €, puis dix titres à 200 €, puis vente de dix titres à 250 €, soit 2 500 € encaissés.

ConventionCoût d'acquisition retenuPlus-value imposableImposition au PFU (31,4 %)
Prix moyen pondéré (150 € par titre)1 500 €1 000 €314 €
FIFO (100 € par titre)1 000 €1 500 €471 €

Le taux de 31,4 % est celui du prélèvement forfaitaire unique 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), retenu ici pour l'illustration. Un contribuable ayant opté pour l'imposition au barème progressif obtient un autre montant, mais l'écart d'assiette entre les deux conventions est le même.

Même opération, 500 € d'écart d'assiette et 157 € d'impôt de différence. Sur un portefeuille renforcé régulièrement pendant des années, l'écart ne se compense pas : il s'accumule.

Ce que dit le droit français

Pour les valeurs mobilières détenues par un particulier, le Code général des impôts tranche : lorsque des titres de même nature ont été acquis à des prix différents, le prix d'acquisition à retenir est leur valeur moyenne pondérée d'acquisition (art. 150-0 D du CGI).

Deux conséquences méritent d'être soulignées, parce qu'elles sont souvent mal comprises.

Ce n'est pas une option. La règle s'impose au contribuable : vous ne pouvez pas choisir le FIFO parce qu'il vous arrangerait, ni désigner les titres que vous souhaitez avoir vendus. Un outil qui calcule en FIFO ne produit donc pas un résultat « différent mais acceptable » : il produit un chiffre qui ne correspond pas à votre déclaration.

La vente ne modifie pas la moyenne. Céder une partie de la ligne ne change pas la valeur moyenne pondérée des titres restants. Elle reste identique tant que vous ne procédez pas à de nouvelles acquisitions de titres de même nature. C'est l'erreur la plus fréquente dans les feuilles de calcul faites à la main : recalculer la moyenne après chaque vente.

Le calcul, pas à pas

La formule tient en une ligne : additionnez le coût total de vos acquisitions, divisez par la quantité détenue.

Déroulons une ligne complète, en reprenant l'exemple et en le poursuivant.

OpérationQuantité détenueCoût total de la ligneMoyenne pondérée
Achat de 10 titres à 100 €101 000 €100 €
Achat de 10 titres à 200 €203 000 €150 €
Vente de 10 titres à 250 €101 500 €150 €, inchangée
Achat de 5 titres à 120 €152 100 €140 €

À la troisième ligne, la plus-value imposable de la vente vaut 2 500 € encaissés moins 1 500 € de coût retenu, soit 1 000 €. La moyenne reste à 150 € : seule la quatrième opération, un achat, la fait bouger.

100 € 150 € 200 € 250 € 100 € CMP 100 € Achat 10 à 100 € 200 € CMP 150 € Achat 10 à 200 € 250 € CMP 150 € Vente 10 à 250 € 120 € CMP 140 € Achat 5 à 120 € prix par titre la moyenne ne bouge pas
La vente ne change pas la moyenne, seuls les achats la déplacent. Elle consomme des titres au coût moyen en vigueur, ici 150 €, et laisse ce coût intact pour les titres restants. C'est ce qui la distingue du FIFO, où la vente aurait épuisé d'abord les titres à 100 €. Valeurs du tableau ci-dessus.

Ce qui entre dans le prix d'acquisition

Le prix d'acquisition n'est pas seulement le cours payé. Les frais et taxes d'acquisition effectivement supportés en font partie : commissions de courtage, frais de règlement, taxe sur les transactions financières le cas échéant. Ils augmentent donc le coût retenu, et réduisent d'autant la plus-value imposable.

La conséquence pratique est qu'une ligne suivie « au cours » sans les frais donne une moyenne trop basse, et donc une plus-value surestimée. Sur des ordres de petite taille passés fréquemment, les frais ne sont pas négligeables.

Les cas où la réponse est différente

Trois situations sortent de ce cadre et il serait faux de leur appliquer mécaniquement ce qui précède.

Le PEA. À l'intérieur d'un plan d'épargne en actions, les cessions ne sont pas imposées opération par opération. La question du prix d'acquisition ne se pose donc pas dans les mêmes termes : c'est le retrait du plan qui déclenche l'imposition, selon ses propres règles de durée. Le calcul décrit ici concerne d'abord le compte-titres ordinaire.

Les cryptoactifs. Ils relèvent d'un régime distinct, avec une formule qui raisonne à l'échelle du portefeuille entier et non ligne par ligne (art. 150 VH bis du CGI). Transposer la moyenne pondérée par actif à des cryptoactifs conduit à un résultat erroné.

Les opérations sur titres. Division du nominal, regroupement d'actions, attribution gratuite, scission, distribution de droits : ces événements modifient la quantité détenue, parfois sans contrepartie en argent. Ils recalculent donc la moyenne, et c'est là que les suivis manuels décrochent le plus souvent.

Une subtilité existe par ailleurs sur le périmètre exact des « titres de même nature » lorsqu'ils sont répartis entre plusieurs comptes. Ce point mérite d'être vérifié dans la documentation fiscale officielle, ou auprès d'un professionnel, plutôt que tranché de mémoire.

Pourquoi l'écart compte dans les deux sens

Dans l'exemple ci-dessus, le FIFO surestime la plus-value : appliqué tel quel, il vous ferait déclarer plus que dû.

Inversez l'ordre des achats et l'effet s'inverse. Dix titres à 200 € puis dix titres à 100 €, vente de dix titres à 250 € : la moyenne pondérée donne toujours 1 000 € de plus-value, tandis que le FIFO retient un coût de 2 000 € et n'affiche que 500 €. Cette fois, la plus-value est sous-estimée, et une déclaration établie sur ce chiffre serait insuffisante.

C'est pour cela qu'un chiffre issu de la mauvaise convention n'est pas « approximativement juste ». Il est faux dans un sens ou dans l'autre, sans qu'on sache lequel sans refaire le calcul.

Où retrouver ce calcul dans PulseMyPortfolio

PulseMyPortfolio applique le prix moyen pondéré d'acquisition sur l'ensemble du journal de vos transactions, frais inclus, et gère les opérations sur titres qui modifient la moyenne. Le détail est consultable ligne par ligne, avec le rapprochement des cases correspondantes de la déclaration.

Les montants produits sont indicatifs et destinés à être recoupés : l'imprimé fiscal unique de votre courtier fait foi. Le volet fiscal n'est du reste qu'une partie de l'application, dont l'objet principal est le suivi du patrimoine net, passif compris (comptes multiples, crédits et prêts), le suivi au quotidien et la projection à long terme.

L'application décrit vos chiffres, elle ne vous dit pas quoi en faire : elle ne télétransmet rien à l'administration, ne recommande aucune opération et ne remplace ni votre déclaration ni votre conseil fiscal. Le calcul est fait sur votre appareil, sans envoi de vos données.

Sources

La fiscalité évolue. Vérifiez la version en vigueur des textes cités à la date de votre déclaration.

Aller plus loin

La foire aux questions répond aux interrogations les plus courantes sur l'application, notamment sur la confidentialité et sur l'import des relevés de courtier.