Éditeur : WM STUDIOS. Dernière mise à jour : 21 août 2026. Cette fiche décrit des usages de fichiers et des mécanismes de calcul. Elle ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal.
Une photo ou un film : la distinction qui décide de tout
Les courtiers proposent deux exports très différents, souvent nommés de façon voisine.
Le relevé de positions est une photo : ce que vous détenez à un instant donné, avec une quantité et parfois un prix de revient calculé par le courtier. Il ne contient aucun historique.
Le relevé d'opérations, aussi appelé historique de transactions ou relevé de mouvements, est le film : chaque achat, chaque vente, chaque dividende, chaque frais, à sa date.
La conséquence est directe. À partir d'une photo, un outil peut afficher la valeur de votre portefeuille. Un relevé donne des indices sur le prix de revient, mais il suffit rarement à reconstituer l'historique complet des opérations : les plus-values réalisées et l'historique des dividendes n'y figurent généralement pas.
Si vous ne devez retenir qu'une chose : cherchez l'export qui contient des dates d'opérations. C'est le bon fichier.
Ce qu'un import doit récupérer, ligne par ligne
Pour qu'un historique soit exploitable, chaque ligne doit porter huit informations. Un fichier qui en perd une seule dégrade tout ce qui en dépend.
| Donnée | Pourquoi elle est indispensable |
|---|---|
| Date de l'opération | Ordonne le journal, et détermine l'année fiscale de rattachement |
| Sens (achat, vente, dividende, frais…) | Un sens mal lu inverse le signe de tout le reste |
| Quantité | Avec ses décimales : les parts de fonds ne sont pas entières |
| Cours unitaire | Base du prix de revient |
| Devise | Sans elle, un montant est un nombre sans signification |
| Taux de change du jour | Sinon la reconversion se fait au taux actuel et fausse l'historique |
| Frais et taxes | Ils entrent dans le prix d'acquisition et réduisent la plus-value |
| Identifiant du titre | De préférence un code ISIN, plus stable qu'un libellé |
Le rôle des frais mérite d'être souligné : ils ne sont pas un détail comptable. Un historique importé « au cours », frais exclus, produit un prix de revient trop bas, donc une plus-value surestimée. Le mécanisme est détaillé dans la fiche sur le prix moyen pondéré.
Les opérations qui cassent les imports
Les achats et les ventes ne posent pas de difficulté. Ce sont les opérations sur titres qui font dérailler les reprises d'historique, parce qu'elles modifient la quantité détenue sans être un achat ni une vente.
La division et le regroupement d'actions. Le nombre de titres change, la valeur totale non. Un import qui lit une division comme une entrée de titres gratuits divise votre prix de revient par le mauvais facteur, ou l'écrase. Pire : si le fichier ne mentionne pas le ratio, il est impossible de reconstituer le coût des lots antérieurs sans information extérieure.
La scission et la distribution de droits. Vous recevez des titres d'une entité nouvelle, sans avoir rien payé. Leur prix de revient fiscal doit être calculé selon les règles spécifiques à l'opération : économiquement, une part de votre investissement initial leur a été transférée. Sans traitement particulier, la plus-value de la ligne d'origine est surestimée et celle de la ligne nouvelle est fausse.
Le dividende en actions. À la fois un revenu et une entrée de titres. Compté une seule fois, il produit soit un revenu fantôme, soit une quantité sans coût.
L'annulation et le réenregistrement. Une opération corrigée par le courtier apparaît souvent deux fois, une fois annulée et une fois rejouée. Sans neutralisation de la paire, la quantité double.
Le transfert de titres entrant. C'est le cas le plus douloureux et le plus fréquent. Quand vous transférez un portefeuille d'un courtier à un autre, le courtier receveur connaît vos titres mais pas toujours le prix auquel vous les avez achetés. Son relevé peut donc afficher une position sans prix d'acquisition, ou avec un prix de revient reconstitué à la date du transfert. Le seul remède est de conserver les relevés de l'ancien courtier : ce sont eux qui portent votre coût réel.
Les pièges de format, moins spectaculaires mais plus fréquents
Le séparateur décimal. Un fichier français écrit 1 234,56 quand un fichier anglo-saxon écrit 1,234.56. Lu avec la mauvaise convention, le premier devient 123 456 et le second 1,23. L'erreur est silencieuse.
Les dates ambiguës. 03/04/2026 vaut le 3 avril ou le 4 mars selon la convention. Sur un export sans année complète ou sans format déclaré, seul le contexte tranche.
Les devises sub-unitaires. Les actions de la Bourse de Londres cotent souvent en pence et non en livres. Un import qui traite un cours en pence comme une livre multiplie la ligne par cent. Le même piège existe ailleurs sous d'autres formes.
Les identifiants de titre. Un même titre porte des symboles différents selon la place de cotation, et certains libellés changent au fil des opérations. Le code ISIN est la seule référence stable.
Les fichiers multi-feuilles. Certains exports répartissent les opérations, les liquidités et les opérations sur titres sur plusieurs onglets. N'en importer qu'un donne un historique incomplet sans que rien ne le signale.
Une méthode qui limite les dégâts
Trois habitudes suffisent à éviter l'essentiel des mauvaises surprises.
Exportez la période la plus longue possible, dès la première opération du compte. Un historique tronqué ne donne pas un prix de revient approximatif : il en donne un faux, puisque les achats manquants ne pèsent pas dans la moyenne.
Conservez les fichiers d'origine. Ce sont vos pièces justificatives, et la seule source à laquelle revenir en cas de doute. Ils redeviennent indispensables au moment d'un changement de courtier.
Contrôlez deux nombres après l'import : la quantité détenue sur chaque ligne, et le solde d'espèces. S'ils correspondent au relevé du courtier, le journal est probablement complet. S'ils diffèrent, l'écart désigne l'opération manquante.
Où retrouver cet import dans PulseMyPortfolio
Neuf formats de courtiers sont reconnus nommément : Saxo, Trade Republic, DEGIRO, Fortuneo, Bourse Direct, Linxea, Interactive Brokers, Swissquote et Trading 212. S'y ajoutent un lecteur de relevé bancaire, pour les mouvements de compte courant, et un format générique qui récupère un fichier tabulaire quelconque en identifiant ses colonnes.
Le format Saxo est le plus complètement couvert, y compris les cas décrits plus haut : scissions avec soulte, regroupements, distributions de droits, paires d'annulation et de réenregistrement, et cotations en pence. Chaque format a ses tests, ce qui est la seule façon honnête de dire qu'un cas est réellement traité.
Deux points pratiques. Vos corrections manuelles sont conservées lors d'un ré-import du même fichier, l'application confirmant à la fin le nombre de corrections préservées : vous pouvez donc réimporter sans perdre le travail de nettoyage. Et l'import s'effectue entièrement sur votre appareil : le fichier n'est envoyé nulle part.
L'application décrit ce que contient votre relevé, elle ne vous dit pas quoi en faire. Les montants fiscaux qu'elle en déduit sont indicatifs, le récapitulatif annuel de votre courtier faisant foi.
Sources
Cette fiche décrit des usages de fichiers et non une réglementation : les formats d'export relèvent de chaque courtier et changent sans préavis. Une seule référence de droit s'y applique, celle qui justifie l'exigence de précision sur les frais et les opérations sur titres.
- BOFiP, règles particulières de détermination du prix d'acquisition : traitement des opérations qui modifient le prix de revient.
- Code général des impôts, article 150-0 D : prix moyen pondéré et prise en compte des frais d'acquisition.
Aller plus loin
La fiche sur le prix moyen pondéré explique ce que devient un historique importé, et celle sur le suivi des dividendes détaille les flux que le relevé d'opérations contient. La foire aux questions couvre le fonctionnement de l'application.